... une exposition conçue en partenariat avec la marque Citroën à partir du 15 avril à la Cité des sciences et de l’industrie

La 2 CV a 60 ans... et tout est dedans ! Le souci de répondre au plus juste aux besoins réels de ses usagers. Celui de réduire au maximum le prix du véhicule, donc sa puissance, son poids et, a fortiori, sa consommation, pour en faire une voiture POPULAIRE.
L’anniversaire de la « deuche », c’est l’occasion d’un coup de chapeau à une « toute petite voiture » techniquement très innovante et qui a su anticiper les besoins de plusieurs générations d’utilisateurs. A telle enseigne que son esprit s’incarne aujourd’hui encore dans le dernier concept-car de la marque Citroën : le C-Cactus.
Retour vers le futur et pleins-phares sur la 2 CV dans une expo-show présentée à la Cité des sciences et de l’industrie jusqu’au 30 novembre 2008 avec, en invitée spéciale, le C-Cactus.
En 1948, Citroën dévoile sa 2 CV A au Salon de l’automobile de Paris. Choc ! Consternation de la presse mais engouement du public pour cette voiture si pratique, si peu chère et tellement innovante. On connaît la suite de l’histoire : plus de 5 millions de modèles produits par Citroën en 42 ans de fabrication ; une légende qui a roulé sa bosse sur les chemins de terre comme sur les plateaux de cinéma ; une voiture qui laisse un souvenir ému aux générations successives de paysans, de femmes libérées, de hippies, de « prolos », de globe-trotters et autres « bobos » qui ont formé la cohorte de ses utilisateurs.
A l’occasion de son soixantième anniversaire, la Cité des sciences et de l’industrie et Citroën offrent à la « deuche » une exposition spectaculaire : voitures suspendues dans le ciel du musée, défilé mécanique des modèles les plus emblématiques, podium à la gloire des modèles historiques, collection de modèles miniatures, films d’archives, documentaires, spots publicitaires d’époque et témoignages d’ingénieurs et de designers...
Dans cette exposition à la scénographie très contemporaine, modèles de série et séries limitées livrent leurs secrets d’innovation aux plus curieux. Les sentimentaux se bercent au bruit si caractéristique du moteur tandis que les plus enthousiastes peuvent rebondir à l’envi sur le siège arrière du véhicule-démonstrateur.

Pour clore le show, un invité de marque, le concept-car C-Cactus, présenté pour la première fois au public à la Cité des sciences. S’il figure dans une exposition consacrée à la 2 CV, c’est en raison des étonnantes similitudes entre son cahier des charges et celui de son auguste ancêtre.
Le concept de la voiture maligne, économique et innovante, a de beaux jours à venir. Ce qu’elle a en 2008 de plus qu’en 1948 ? Elle est écologique, évidemment. Et design, assurément.
Une exposition de la Cité des sciences et de l’industrie en partenariat avec la marque Citroën
Du 15 avril au 30 novembre 2008, tous les jours sauf le lundi de 10h à 18h (19h le dimanche) Cité des sciences et de l’industrie, 30 avenue Corentin Cariou, 75019 Paris, M. Porte de la Villette Informations et réservations sur cite-sciences.fr Tarifs : 8 Euros et 6 Euros (tarif réduit)
Une exposition accessible au public déficient visuel, au public présentant un handicap mental et au public sourd.
Avant propos...
Au milieu des années trente, Front populaire oblige, la voiture populaire est dans l’air du temps. Dans le secret des bureaux d’études, on travaille à l’idée d’un véhicule léger et économique, une voiture de conception et de réalisation différentes qui soit moins chère que les voitures de l’époque. Chez Citroën, c’est Pierre Boulanger qui réfléchit au projet de TPV (« toute petite voiture »).
La marque rêve d’un véhicule aussi économique que possible à fabriquer, à utiliser et à entretenir, qui puisse être vendu à un prix défiant toute concurrence. Le minimum automobile en somme : quatre places, 50 km à l’heure, cinq litres au 100, fabrication et entretien peu coûteux. Fiat vient de lancer sa 500 Topolino. Il faut se dépêcher.
L’homologation au très officiel service des Mines a lieu le 23 août 1939 sous le nom de 2 CV A. Mais quelques jours plus tard, la déclaration de guerre du 3 septembre 1939 met un terme brutal au programme. La 2 CV A est dérobée à tous les regards et notamment ceux de l’occupant allemand qui peaufinait sa propre voiture populaire (la Coccinelle).
Tellement bien cachée qu’on la redécouvrit par hasard, en 1968, à la faveur de travaux dans le centre d’essais de Citroën à la Ferté Vidame. Pourtant, cette 2 CV A n’ était pas un prototype mais bien un modèle de série. Sur les cent exemplaires entrés en circulation, quatre sont parvenus jusqu’à nous. Ils sont conservés dans le cadre de la collection Citroën, l’un d’entre eux est présenté dans l’exposition.

Plus qu’une voiture, un mythe ...
La route est mauvaise ? Qu’importe ! La 2 CV n’a pas besoin de route, elle peut circuler sur des chemins creux, avec elle on peut aller là où personne d’autre ne peut aller. Quatre vraies places, avec, pour chacune, une porte : en 2 CV on a le droit d’être grand ou d’être gros. Tous les bagages tiennent dans la malle arrière et à défaut, sous les sièges, prévus pour cela. En 3 secondes, on peut démonter le couvercle de malle et en 6 secondes enlever le siège arrière et disposer ainsi d’un espace considérable.
Les sièges amovibles à l’avant et à l’arrière sont précieux pour ceux qui font du camping : où que l’on aille, on dispose de confortables canapés portatifs… Environ 5 litres au 100 km : c’est le km le moins cher du monde. En échange elle ne réclame rien, elle peut coucher dehors toute l’année.
Enfin, et ce n’est pas négligeable, cette toute petite voiture ne se déprécie pas sur le marché de l’occasion. (D’après la brochure publicitaire de Citroën «La liberté en 2 CV»)
Il faut attendre 10 ans et le Salon de l’auto de Paris de 1948 pour que Citroën dévoile officiellement sa 2 CV au public. Plusieurs raisons à cela : la guerre et la pénurie de matière première, mais aussi la vétusté des machines et la planification gouvernementale qui attribue à chaque constructeur une catégorie spécifique de véhicules à fabriquer.
1948 correspond donc au véritable coup d’envoi de la 2 CV : malgré les moqueries des journalistes qui doutent de ses performances et se rient de sa finition spartiate, de sa couleur uniformément grise, le grand public d’après guerre s’ enthousiasme tellement pour cette petite voiture que les délais de livraison atteignent parfois 5 ans.

En 1951 sort la 2 CV fourgonnette (type AU) tandis qu’en 1956 apparaît la 2 CV AZL, version luxe de la 2 CV, du fait de sa large lunette arrière rectangulaire et de sa capote en tissu. En 1966 sort la 2 CV AZAM, une version encore améliorée de la déjà luxueuse AZL. On est au top de la gamme. En 1970, celle-ci s’étend encore avec la 2 CV4 et la 2 CV6, des modèles qui dépassent les 100 km/h.
Dans la foulée, des rallyes raids,comme le fameux Paris/Kaboul, sont organisés. En 1981, c’est la création de la Charleston, la plus connue des « starlettes », celle que chacun conserve en mémoire. Mais les contraintes réglementaires, les normes anti-pollution, les crashs tests et autres normes de sécurité ont sonné le glas de la 2 CV.
En février 1989 la chaîne de production française de la 2 CV s’arrête et, le 27 juillet 1990, à 16 heures, la dernière 2 CV neuve de l’histoire sort de l’usine de Mangualde, au Portugal.
Au total, ce sont 5 114 959 2 CV qui ont été fabriquées dans le monde.
- Florent Segura- photos Citroen
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