
Avec le Grand Prix de Monaco et les 500 Miles d’Indianapolis, Le Mans reste l’une des trois courses automobiles les plus célèbres au monde. Un tel succès à travers les années qu’on en a même fait une série.
Née voici deux ans, après sa collègue américaine, la Le Mans Series se porte bien. Avec 45 bolides ce dimanche à 12h30 au départ des 1000 km de Spa, on sera presque autant que dans la Sarthe à la mi-juin. Une bonne moitié du plateau du double tour d’horloge est d’ailleurs venu disputer un ultime entraînement dans notre belle Ardenne. Ainsi, 16 des 24 prototypes engagés au Mans se lancent ce week-end à l’assaut du Raidillon. Sans les Audi R10 diesel préférant répéter à huis clos et sans la Dome de Jan Lammers, contrainte de déclarer forfait en début de semaine suite à un changement de motoriste.
Qu’à cela ne tienne. Tant d u côté d’un public qu’on espère nombreux (grâce notamment à l’entrée gratuite pour les femmes et enfants de moins de 16 ans) que des concurrents, les absents auront tort. D’autant que cette année, en l’absence des Formule on ne tournera jamais plus aussi vite à Francorchamps que ce week-end avec des protos dépassant les 600 chevaux et les 300 km/h grâce à des V8 et V10 rageurs dont le hurlement strident résonne dans les forêts de sapins.
Sous un soleil estival, les deux premières séances d’essais libres ont déjà réservé leur lot d’émotions et d’indications.

Victorieuse des 4H d’Istanbul, la Pescarolo-Judd de Boullion-Collard a fait honneur à son rang de grande favorite en signant, ce matin, le meilleur chrono de la journée en 2.07.447 à plus de 197 km/h de moyenne. Impressionnant ! Mais la journée ne se passa pas sans frayeur, le proto vert évitant un gros incident avant d’être à l’origine de la seconde interruption au drapeau rouge suite à un accrochage avec l’Aston Martin de Vincent Vosse. En début d’après-midi, la Pescarolo a d’abord évité de justesse un violent accrochage avant Blanchimont entre la Zytek Creation de Ortiz et la Corvette de Philippe Alliot : « J’étais dans l’aspiration de la Pescarolo qui venait de me doubler lorsque nous sommes arrivés sur un nuage de poussière, » racontait l’ex-pilote de Grand Prix. « Lorsque j’ai pu voir quelque chose, la Pesca a fait un écart devant moi et je me suis retrouvé nez à nez avec la Creation, partie en tête-à-queue suite à un contact avec un concurrent plus lent. Je l’ai tapée sur le côté. On a eu vraiment de la chance de s’en sortir indemnes. »
Ce qui n’était pas le cas des deux châssis, hors service et donc repoussés dans les camions au grand dam d’un Fred Bouvy qui n’aura eu l’occasion que de parcourir quelques tours sur la C5-R de PSI.

Pointée à six dixièmes seulement du chrono de midi de la Pesca, la Courage LC70 Mugen de Jean-Marc Gounon créait la sensation l’après-midi. Une vraie prouesse avec des pneus Yokohama démontrant leurs progrès.
Une demi seconde derrière, la Zytek officielle des Danois Nielsen-Eldgaard-Anderrsen, lauréats en 2005, confirmait qu’il faudrait encore compter avec elle cette année.
Parmi les outsiders, on pointait encore les Courage des rapides Suisses Primat-Fassler ou des Japonais Nakano-Kurozawa ou encore les meilleures LMP2.

Dans la division 2 des voitures sans toit ni essuie-glace, les débats s’annoncent encore plus ouverts entre les Courage de Belmondo, Epsilon ou du team belge G-Force au sein duquel débute notre compatriote Stéphane Lémeret, les Lola, la MG-Lola de Newton-Erdos (la plus rapide hier) ou la nouvelle Radical SR9-Judd du Rollcentre de Martin Short.

Accroc à 278 km/h entre la Pescarolo et l’Aston de Vosse, fortement endommagée
Côté Grand Tourisme, cinq grandes et souvent prestigieuses marques s’affrontent tant en GT1 avec Aston Martin, Corvette, Ferrari, Lamborghini et Saleen qu’en GT2 avec Porsche, Ferrari, Panoz, TVR et les originales Spyker. Hormis les Maserati, refusés par le règlement ACO, toutes les vedettes des prochaines 24H sont déjà là.

Avec un affrontement très attendu en GT1 entre la Saleen S7-R Oreca des Français Ayari et Ortelli, les Corvette C6-R et les Aston Martin DBR9 (celle de Garcia a signé le meilleur temps provisoire), surtout la Larbre de notre Verviétois Vincent Vosse pour qui le week-end a toutefois très mal commencé suite à un accrochage avec au freinage des Combes avec la Pescarolo. « Je doublais une Porsche, lorsque la Pescarolo m’a touché en triplant, » racontait un Tif dépité. « J’étais à 278 km/h au moment de l’impact. Manu Collard est venu s’excuser, mais cela me fait une belle jambe. En attendant, notre auto est bien endommagée. Je crains que le châssis soit touché. Je ne sais pas si on va pouvoir rouler dimanche.»
Enfin, en GT2, les nombreuses Porsche 996 RSR tenteront de prendre leur revanche face aux nouvelles Ferrari F430 GT, victorieuses dès leur première sort= à Istanbul avec la GPC de De Simone-Drudi-Rosa, la plus rapide aujourd’hui. Là aussi, les Belges n’ayant pas la chance de se rendre au pays des rillettes mi-juin auront déjà un avant-goût du Mans…
Les premiers essais libres (2 séances combinées) :
1. Collard-Boullion (Fra/Pescarolo-Judd) 2.07.447 ;
2. Gounon-Frei (Fra-Sui/Courage LC70-Mugen) 2.08.092 ;
3. Nielsen-Elgaard-Andersen (Dan/Zytek 06S) 2.08.617 ;
4. Minassian-Ortiz-Gabbiani (Fra-Sui-Sui/Zytek Creation) 2.09.652 (Forfait suite accident) ;
5. Kurozawa-Nakano (Jap/Courage LC70 Mugen) 2.10.048 ;
6. Primat-Fassler (Sui/Courage LC70-Judd) 2.10.915 ;
7. Newton-Erdos (GB-Bré/MG Lola) 2.11.238 (1ers LMP2) ;
8. Amaral-De Castro-Burgueno (Esp/Lola BO5) 2.11.986 ;
9. André-Clairay (Fra/Courage C65-Ford) 2.12.683 ;
10. Short-Greaves-Fisken (GB/Radical SR9-Judd) 2.13.170 ;
…
15. LEMERET-Morris-Leroch (Bel-GB-Fra/Courage-Judd) 2.16.740 ;
16. Garcia-Lyons (Esp-GB/Aston Martin DBR9) 2.1= 916 (1ers GT1) ;
…
25. VOSSE-Lamy-Gardel (BEL-Por-Sui/Aston Martin DBR9) 2.21.043 ;
…
27. De Simone-Rosa-Drudi (Ita/Ferrari F430) 2.26.144 (1ers GT2);
…
43. LAMBERT-LEFORT-Ianetta (BEL-BEL-Fra/Porsche 996 GT3 RSR)

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